Club Unesco du Centre d'Action Femme et Enfant : ONG-D/ CUCAFE

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Education écologique Bantou et éducation écologique moderne

 

Dans le débat actuel sur l’état d’urgence planétaire, deux problèmes se posent simultanément :

- que faire pour réduire les méfaits des activités humaines sur l’environnement !

- quelle stratégie à adopter pour soutenir un développement durable sur la planète, dans l’intérêt de futures générations ?

La contribution des cultures non occidentales (particulièrement les cultures orales et traditionnelles d’Afrique) à ce débat est quasiment inexistante, du moins à l’état actuel de nos connaissances. D’ailleurs, que peut-on attendre de ces cultures traditionnelles, pour lesquelles les pratiques et les modes de vie sont communément considérés comme dépourvus de sensibilité écologique, et par conséquent anthropologiquement non intéressantes.

 

En effet, l’éducation chez l’homme se fait par l’imitation ou par l’enseignement direct. Il y a toujours dans ce processus au moins trois facteurs :

1. un transmetteur;

2. un receveur (destinataire ou bénéficiaire) ;

3.des informations qui passent entre ces deux individus. L’existence du langage permet d’accroître l’efficacité de ce processus d’enseignement. De ce fait, la langue semble bien être la base de la culture, définie comme étant le résultat de ce qu’on apprend d’autrui, par opposition à ce que l’on apprend par soi-même. Dans cet apprentissage, le langage n’est en fait que le véhicule principal de la culture chez l’homme. Il est la voie culturelle qui permet aux générations d’accumuler aisément des connaissances provenant de leurs ancêtres.

 

Si le langage est un véhicule de la culture, son système fonctionne.

D’après l’étude des facultés linguistiques d’un certain nombre de tribus africaines et d’autres peuples ; le langage se définit comme un miroir de la connaissance intuitive, fournissant des concepts codés dans la langue et dans la « mentalité » . Parmi ces concepts, il s’en trouve un certain nombre qui permet d’établir une corrélation entre des connaissances traditionnelles de l’habitat ou de l’environnement et celles du monde moderne en écologie. Une telle corrélation tend à montrer que le concept d’écologie dans sa formulation de base (relation des vivants avec leur milieu) semble bien être « universel » plutôt qu’un épiphénomène occidental.

C’est cette hypothèse que soutient l’analyse de quelques proverbes d’Afrique subsaharienne tels que ceux du monde culturel Luba (tribus Bantu du Congo R.D.C), objet de ce texte.
D’après l’analyse des proverbes, dits « Panu » (environnement) Luba, il est apparu qu’il existait dans leur aire culturelle, un petit lot de proverbes qui témoigne qu’une vision ancestrale du monde dicte aux Bantu Luba comment protéger,conserver  et  vivre dans leur environnement.

« Ces traditions remontent aux temps immémoriaux et leur contenu essentiel tient son dynamisme à une vision subordonnant à la parenté universelle tout ce qui exista, existe, vécut et vit. C’est au nom de cette parenté que l’Homme doit protéger la vie sous toutes ses formes ».

 

Pour réussir dans cette entreprise de la protection de la Nature, l’homme devrait éduquer pour qu’il apprenne à maîtriser ses pulsions naturelles, à savoir celles de prédation, du désir sexuel, de la consommation, etc. C’est pour cela, qu’un adage lui dit que « savoir manger, c’est vivre longtemps sur la terre », quand un autre lui apprend que « la poule qui se perd dans la poursuite des fournis, finit par rencontrer une hyène ».
Il ne faut pas toujours suivre ses pulsions si l’on veut éviter certains dangers, dit ce proverbe en prévenant que certaines consommations produisent un plaisir qui peut conduire à la mort. Ou encore, pour donner un exemple moderne, la peur de connaître la vérité sur son état de santé ou la peur de la douleur peut tenir un malade éloigné du médecin au moment où une consultation serait plus qu’utile.
Toujours selon les proverbes analysés dans ce texte, il devient clair que la culture ou la capacité d’apprendre à partir d’expérience d’autrui repose sur la communication. La vitesse et la précision de la communication, de même que la capacité à mémoriser ce qui est appris, dépendent de l’efficacité des supports d’informations mis en jeux. Plus les supports sont faciles à comprendre et à retenir tels les proverbes bantu, mieux la culture permet d’accumuler les découvertes antérieures (plantes venimeuses, menace d’un prédateur, serpent par exemple) et de tirer profit de connaissances transmises par les ancêtres qu’on aurait pu avoir si on avait été livré à soi-même. Il est vrai que l’on peut toujours découvrir par soi-même le calcul différentiel et l’intégral. Mais les chances d’un individu parti de rien d’y arriver sont très faibles. Leibniz et Newton, eux-mêmes se sont servis des connaissances acquises pour livrer leurs contributions fondamentales.
D’où, revenir sur le passé pour s’inspirer des découvertes antérieures, ne peut être réduite qu’à la culture du passéisme stérile, comme le soutiennent certains auteurs.
Se référer aux modes de vie des populations traditionnelles, en occurence basés sur le développement durable, serait-il vraiment inutile, en ce temps où l’on recherche les recettes de la production et la consommation durable ?
Le but n’est pas de revenir au passé et de vivre comme au temps des ancêtres ; d’ailleurs, un homme raisonnable ne peut envisager un tel retour au passé. Mêmes les proverbes qui proviennent de ce passé ne le recommandent pas quand ils disent : le temps passé ne revient plus ou encore, un œuf cassé ne se refait pas ;c’est qui importe ici c'est la découverte de la recette qui permet la conservation d’un œuf .

Connaître le secret de ceux qui l’ont conservé intact vaudrait bien la peine d’être recherché. Cependant, qu’il s’agisse de l’être du passé ou de son descendant actuel le but poursuivi semble être le même : avoir la santé, avoir le bien être matériel, de bonnes relations sociales et de la sécurité.

Dans ce sens, l’ambition légitime de chaque personne est de survivre mais aussi de prospérer – de produire plus d’aliments - de pêcher plus de poissons - de construire des maisons encore plus grandes - de vivre plus confortablement. Cette ambition bien que légitime, devrait-elle être atteinte au risque de détruire la terre ?

Devrons nous détruire notre propre environnement ; ce trésor naturel qui offre à tout Terrestre des micro-organismes, des animaux et des plantes dont les potentialités permettent de nous nourrir, de nous soigner, de nous vêtir, de nous abriter et même de construire nos moyens de transport ?
Est-il vraiment trop tard pour protéger les écosystèmes qui nous rendent des services pour notre bien être ?

Faudra-t - il que nous les détruisions à tout prix, au risque vraisemblable de nous détruire finalement nous mêmes ?

 

                                                  Georgette BILONDA MPENDA

 



22/10/2013
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